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Formes musicales


Les formes musicales

  • Allemande . C'est un mouvement qui traditionnellement débute la Suite pour clavier ou la Suite instrumentale: tempo modéré et mesure binaire (2/2, 4/4 ou 2/4). Elle est d'origine allemande mais ce n'est pas à proprement parlé une danse et ne ressemble pas à la "dance allemande" pratiquée sous Mozart, Haydn et Beethoven. Elle a peut-être une parenté éloignée avec la danse allemande ancienne du 16ème siècle. Dans les Suites pour claviers ou instrumentales (17, 18ème siècles), Corelli, Bach, Rameau, Haendel en font un mouvement en deux parties avec répétitions de chaque partie. Elle est parfois précédée, notamment chez Bach, d'un prélude souvent de dimensions considérables et en forme de mouvement de concerto. Plus tard, l'Allemande deviendra le premier mouvement de la forme sonate. Bibliographie : Nouveau dictionnaire de la Musique, R. de Candé, Seuil, 2000.

  • Anthem . Ce terme est semble-t-il dérivé du mot antiphonie. C'est un genre musical spécifiquement anglais des 16 et 17èmes siècles. L'anthem est en fait très proche du MOTET français, traité ci-dessous dans cette page. L'anthem est aussi proche de la cantate allemande. L'anthem met en musique un texte biblique traduit en langue anglaise. L'arrivée de la Réforme en Angleterre et surtout la politique religieuse d'Henri VIII, roi doué pour la poésie et la musique, roi qui se place lui-même à la tête de l'Eglise anglicane, favorise le développement de cette forme musicale. Haendel fut l'un des derniers grands illustrateurs de ce genre. L'anthem s'ouvre alors à de nombreuses influences, notamment celles de la musique instrumentale italienne et aussi du choral allemand. Cette mutation devait ouvrir la voie au règne de l'oratorio. Initialement, l'anthem est un chant alterné avec de nombreuses imitations mélodiques aux diverses voix. On peut faire appel à un choeur (full anthem), a cappella ou accompagné par l'orgue. On peut aussi faire alterner ce choeur avec un ou plusieurs solistes (verse anthem), avec souvent un accompagnement d'orchestre. On connaît des anthems de W. Byrd (1543-1623), d'Orlando Gibbons (1583-1625), de John Blow, de Henry Purcell (1659-1695), de G. F. Haendel (1685-1759). Référence : Les genres musicaux, G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003.

        
  • Antienne . L'antienne primitive est un chant monodique confié en alternance à deux choeurs. Puis ce mot désignera la pièce mélodique chantée avant et après un psaume et dont le texte reprend un verset (voire un fragment de verset) de ce psaume. C'est dire la variété musicale et textuelle à peu près infinie de ce genre, peut-être le plus représentatif de la mélodie grégorienne. La disparition du psaume qu'elle encadrait, pour la communion par exemple, donnera à l'antienne une complète autonomie. L'antienne est composée pour l'assemblée des fidèles, qui reste avant tout dans le cadre de la récitation psalmodique. Son amplitude ne dépasse pas la sixte. Il est des antiennes qui ne comptent qu'une poignée de notes, d'autres qui ornent chaque syllabe de longs mélismes. Bibliographie : Les genres musicaux, Larousse, Paris, 2003. [ Mélisme : ornement mélodique étendu à caractère expressif, comprenant plusieurs notes sur une syllabe].

  • Ayre . C'est une forme spécifique des compositeurs anglais aux 16 et 17èmes siècles. Cette forme est en concurrence avec le madrigal italien, l'air de cour à la française. C'est une tentative des compositeurs anglais pour affirmer leur spécificité musicale à la fin du 16ème s. John Dowland place l'ayre bien en évidence dans son oeuvre en tant que chanteur et luthiste à la cour de Jacques Ier vers 1612. Ce genre raffiné fut très apprécié par Shakespeare et est souvent empreint de mélancolie. L'ayre est confié à 4 voix solistes dont seule la supérieure est chantée, les autres étant un accompagnement instrumental au luth, à la viole, notamment. Mais il existe aussi des ayres pour 4 voix chantées. On y distingue des strophes de 6 à 12 vers. Ayres de John Dowland (1563-1626) et de Thomas Campion (1567-1620). Référence : Les Genres musicaux, G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003.

       
  • Ballade . C'est au 14ème siècle qu'apparaît la ballade comme chanson à danser d'une haute tenue (héritage des trouvères). La ballade refait surface au 18ème siècle sous forme vocale, chant accompagné par le piano ou un orchestre. Cette forme se rapproche du Lied allemand. La ballade investit alors le domaine instrumental. Les romantiques pratiquent ce genre au piano. C'est un compromis entre la virtuosité et l'expressivité. La musique illustre un argument ou un programme. Son apogée se situe au 19ème siècle. La ballade pianistique est un genre de forme libre, assez proche du poème symphonique, mais pour instrument seul. On trouve assez souvent la forme ABA et la ballade expose assez souvent 2 formes à caractère expressif. Les 4 ballades de Chopin sont des oeuvres majeures pour le piano. Il y a aussi des ballades de Brahms, de Grieg, de Fauré. Bibliographie : Dictionnaire des Genres Musicaux, Larousse, Paris, 2000.

        
  • Ballet . Au départ: mise en mouvement d'une action dramatique musicale, ses 2 moyens d'expression étant la danse et la pantomime. Ce genre musical fit ses débuts dans l'antiquité, traversa le Moyen Age, la Renaissance, le Baroque, s'imposa à Versailles au 17ème siècle comme ballet de cour (spectacle que la cour se donne d'elle-même, Louis XIV étant danseur dans ces spectacles). Au 19ème siècle, le ballet est souvent intégré à une oeuvre lyrique comme par exemple dans le Faust de Gounod. Plus tard, les compositeurs n'hésitèrent pas a y consacrer une part importante de leur génie. Dans l'immense répertoire du ballet, les trois chefs-d'oeuvre de Tchaïkovski (Le lac des Cygnes, la Belle au Bois dormant, Casse-Noisette) sont très populaires et marquent l'apogée du genre. La création du Sacre du Printemps (1913, Stravinsky) reste un repère constant de la modernité du genre (musique et chorégraphie). Le ballet, à la différence de la Suite d'orchestre, met en évidence un paramètre important: le rythme. Compositeurs de ballets: Adolphe Adam (19ème siècle) avec Giselle. Cesare Pugni, Edouard Lalo, Tchaïkovski, Ravel, Stravinsky (l'Oiseau de Feu). Au 19ème siècle, le ballet était encore "à numéros", à savoir que l'on passait aux épisodes successifs de manière claire. Au 20ème siècle, au contraire, l'enchaînement des scènes est continu et il faut être un auditeur averti pour distinguer les frontières entre les divers épisodes de l'oeuvre. Bibliographie : Les genres musicaux, par G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003.

         
  • Bourrée . Danse populaire française ancienne qui serait d'origine espagnole. Il existe la bourrée à 3 temps (Auvergne) et celle à 2 temps (Berry). Cette danse entre à la cour au 16ème siècle. Au 17ème siècle, la bourrée à 2 temps fait son entrée dans la suite (autre forme musicale dont on parle ci-dessous). Elle figure dans la suite sous forme stylisée. Lully, Rameau, Haendel et Bach en font un usage fréquent. Elle est alors composée de 2 parties avec reprises dans un mouvement rapide et commence sur la dernière noire d'une mesure. Chez Bach, les bourrées vont par paire, la seconde tenant la place du trio dans le menuet traditionnel, l'ensemble se terminant par le retour (da capo) de la première bourrée sans les reprises. Bibliographie : Nouveau dictionnaire de la Musique, par R. de Candé, Seuil, 2000.

        
  • Canon . Le canon est en premier lieu un procédé d'écriture, mais c'est aussi un genre musical que de nombreux compositeurs ont pratiqué. Cette forme musicale serait apparue en Angleterre au 13ème siècle. Le genre se développe au 14ème siècle et atteint son sommet de complexité avec Johannes Ockeghem à la fin du 15ème siècle. La musique italienne a développé une forme particulière du canon: la Caccia ou chasse, canon à 2 voix. Ghirardello da Firenze en fut l'un des plus brillants représentants. Le CANON organise strictement les entrées successives d'une MEME mélodie, laquelle se SUPERPOSE à elle-même. Dans son traitement du "conséquent" (= 2ème entrée de la mélodie, la première étant l'antécédent), le canon peut proposer des formes plus élaborées, par exemple en mouvement contraire (la mélodie de 2ème exposition, ou conséquent, monte là où elle descendait à la première exposition, ou antécédent, et vice-versa). Il existe aussi un mode dit rétrograde: reprise en MIROIR de l'antécédent dont la dernière note devient la première du conséquent. On remarque aussi des formes spéciales du canon: augmentation ou diminution = doublement ou réduction de moitié de la durée des notes du conséquent par rapport à celles de l'antécédent. Si ces différents formes se combinent, on parvient à une complexité musicale étonnante. Johannes Ockeghem (1425-1497): canon Deo gratias pour 36 voix. De Josquin des Prés: canon de la Messe Sine nomine. Canon de J.S. Bach dans l'Offrande musicale (1747). Référence : Les Genres musicaux, par G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003. Lire: lien Internet suivant .

        
  • Cantate . Elle est apparue au début du 17ème siècle. Sa présence est attestée en 1620 et est pratiquée d'abord par les Italiens (Carissimi notamment). Au temps de J.S. Bach, la Cantate religieuse, forme luthérienne exécutée après la lecture de l'Evangile, illustre le service dominical et quelques fêtes religieuses. Il fallait, pour un Maître de Chapelle, en composer donc environ 59 par année. Bach a écrit beaucoup plus de cantates que cela, et on en a perdues de nombreuses. C'est l'Allemagne qui a produit le plus de Cantates. Il existe aussi des Cantates profanes (Cantate du café de Bach). Formellement, la Cantate est constituée de petites pièces faisant alterner des ariosos, des arias (duo ou trio) et des choeurs. Parfois, la Cantate peut exceptionnellement n'être que confiée au Choeur. Les Cantates peuvent avoir un apparentement entre elles et être regroupées: c'est ainsi que l'Oratorio de Noël de Bach est le résultat d'un regroupement de 6 cantates. Bibliographie : Les Genres Musicaux, vers une nouvelle histoire de la musique, Larousse, Paris, 2003.

       
  • Cantus Firmus : c'est un thème liturgique ou populaire servant comme TENOR, c'est-à-dire de base et de principe unificateur, dans une composition polyphonique. Il est généralement exposé en forme abrégée et avec des valeurs longues et figure, en principe, sans modification durant toute la composition. Le principe du Cantus Firmus remonterait au 12ème siècle. Un Cantus Firmus liturgique est généralement entouré de mélodies et phrases musicales. Par extension, on appelle Cantus Firmus le thème d'un Choral, exposé généralement à la pédale de l'orgue (anches), thème qui est l'énoncé principal du choral et ainsi très nettement mis en évidence. J.S. Bach a pratiqué cet art avec une finesse et une intensité émotionnelle remarquables dans plusieurs de ses chorals pour orgue (par exemple Nun komm der Heiden Heiland de l'Orgelbüchlein). Dans cette situation, le THEME du choral est bien mis en évidence et augmente l'intensité émotionnelle de la pièce. Bibliographie : Nouveau dictionnaire de la Musique, par R. de Candé, Seuil, 2000.

        
  • Chaconne (ou Chacone ). Primitivement, c'est une danse populaire espagnole dont l'origine n'est pas très claire (danse "américaine" venue des Indes ?). Son nom Chacona pourrait venir du basque chacuna qui veut dire "joli". Cette danse apparaît effectivement en Espagne au 16ème siècle comme danse à trois temps, animée, qualifiée de licencieuse, souvent associée à une autre danse, la sarabande. Cervantès en donne une description assez intéressante. La chaconne vient en France au 17ème siècle comme danse de cour devenue pleine de gravité (?). Lully introduit des chaconnes dans les finales de ses opéras. Plus tard, Gluck en fait autant avec le final de son opéra Orphée. Dans la musique instrumentale, la chaconne apparaît en Italie (Monteverdi, Frescobaldi), puis en France entre 1615 et 1630. On se plaît à en faire une forme musicale à part entière: chaconne avec variations (Haendel par exemple). Cette danse se met à ressembler à une autre forme célèbre, la passacaille, rendue immortelle par J.S. Bach. La chaconne a été supplantée par la tarantella au 18ème siècle. Bibliographie : Nouveau dictionnaire de la Musique, par R. de Candé, Seuil, 2000.

       
  • Choral . Luther souhaitait que l'assemblée, à l'église, puisse prendre part aux chants, car il jugeait le plain-chant traditionnel trop élaboré pour le "fidèle moyen". Il a entrepris de doter l'église d'un grand répertoire de chants et hymnes en langue allemande: c'est le Choralgesang ou chant d'assemblée. Luther lui-même traduisit et arrangea des mélodies diverses, mais il en composa aussi. Il y a le plain-chant, les cantiques populaires, les chants profanes. Dans les arrangements initiaux, l'assemblée se contentait de chanter la mélodie principale (généralement le ténor) et à l'unisson. Les mélodies, non pas appauvries mais idéalisées, des chorals ont eu un rayonnement extraordinaire, déjà par la simplicité de leur structure et leur caractère assez populaire. Le compositeur qui a idéalisé la forme du choral d'assemblée en créant des oeuvres souvent simples mais très prenantes, est évidemment J.S. Bach. Jusqu'à lui, le choral traditionnel s'est perpétué. Du 16ème au 18ème siècles les compositeurs traitèrent le choral en contrepoint libre (choral figuré), dans l'esprit du motet, soit pour les publier séparément comme oeuvres d'orgue, soit pour les intégrer dans des oeuvres de grandes dimensions (les Passions par exemple). Les compositeurs de chorals à l'orgue sont par exemple: Fink, Hassler, Schütz, Scheidt, Albert, Rosenmüller, mais c'est Bach qui porta l'art du choral pour orgue à son sommet, inégalé. Il existe, de Bach, un recueil dit de l'Orgelbüchlein qui est la pierre angulaire de cet art porté à son maximum d'efficacité dans une partition généralement assez courte, voire très courte. Il n'y a que Bach, éventuellement aussi Pachelbel, pour véhiculer un message dense dans l'espace de 3 lignes, pas plus. Le génie de Bach semble avoir un peu épuisé la veine du choral, mais il ne faut pas oublier les grands chorals pour orgue de C. Frank, de Max Reger, par exemple. Ce qui frappe chez Bach, c'est le génie de tout évoquer en si peu de lignes. Mais Bach a aussi composé des chorals plus longs, parfois traités avec des variations, ou sous forme de Partitas. Les grands chorals des Passions de Bach (par exemple la St.-Jean) sont des oeuvres majeures, bouleversantes, qui glissent leur "simplicité" au sein des évènements de la Passion. ( Bibliographie : Nouveau Dictionnaire de la Musique, R. de Candé, Seuil, 2000).

        
  • Concerto . La forme du concerto pour soliste est née essentiellement des progrès de la lutherie et de la facture des instruments à cordes, à claviers, notamment. En 1666, Lully, dans le Ballet des Muses, se réserve le rôle d'Orphée pour dialoguer sur son violon avec l'orchestre. Torelli, Leclair et surtout bien sûr Vivaldi (voir nos rubriques des Compositeurs) imposèrent ce genre neuf, différent du Concerto grosso. Au temps du classicisme viennois, les concertos se multiplient, pour différents instruments (violon, violoncelle, harpe, clavecin, pianoforte, instruments à vent...). Mozart et Beethoven ont porté le genre concerto au sommet de son art. Le concerto peut user des ressources de la sonate (2 thèmes) et de la symphonie (mise en évidence des cordes par groupes). Le concerto pour plusieurs solistes n'a pas fait une gande carrière, hormis celui de Beethoven pour piano, violon et violoncelle. Les compositeurs de concertos vont de Vivaldi (1771-1841), qui en écrivit 235 pour le violon, à Bartók (1881-1945) en passant par Prokofiev. Chopin, Beethoven et Mozart brillent particulièrement par leurs compositions de concertos. Référence : Les genres musicaux, par G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003.

        
  • Courante . C'est une danse assez ancienne devenue l'un des mouvements importants de la suite instrumentale ou pour clavier. Il y a la Courante française qui est citée dès le 16ème siècle de rythme binaire (6/4 probablement); le mouvement en est vif comme pour la courante italienne. Cette danse fut en vogue sous Louis XIV, mais sous une forme lente à 3 temps avec des paroles. Dans la suite, c'est une danse noble, pratiquement toujours placée après l'Allemande (3/2 ou 6/4 le plus souvent). La courante italienne arrive au 17ème siècle et est probablement une déformation de la forme française. Elle a un rythme de 3/8 ou 3/4 le plus souvent. Chez J.S. Bach, la Courante est très souvent présente dans la forme musicale de la Suite. Elle suit généralement l'Allemande et précède la Sarabande, laquelle précède la Gigue, ceci dans le schéma classique de la Suite de cette époque. Bibliographie : Nouveau dictionnaire de la Musique, R. de Candé, Seuil, 2000.

       
  • Dominante : c'est le nom que l'on donne au 5ème degré de la gamme diatonique, à savoir la quinte juste de la tonique. Si le do est la tonique, le sol sera la dominante. L'accord construit sur la dominante est indispensable pour la détermination de n'importe quelle tonalité, précédant et confirmant la tonique, ou la note fondamentale, à la fin du morceau. La dominante, qui est la quinte d'un son quelconque, est par voie de conséquence la dominante d'une autre dominante. La tonique est, pour faire simple, la première note d'une gamme. La dominante-tonique est la dominante d'une tonique, autrement dit la dominante d'une tonalité fondamentale (Rameau, Génération harmonique, 1737). Bibliographie : Nouveau dictionnaire de la musique, R. de Candé, Seuil 2000 et Encyclopédie de la musique, Pochothèque, Garzanti, 1995.

        
  • Fantaisie . C'est une pièce instrumentale née au 16ème siècle sous le nom de "fancy" dans l'Ecole des virginalistes anglais. Elle est au premier chef une pièce d'improvisation qui a la faveur des organistes allemands (Reinken et surtout J.S. Bach). Au 18ème siècle c'est Mozart qui l'adopte au piano. C'est alors une copie libre de la sonate où l'on fait passer ses humeurs et ses passions. Beethoven et les romantiques découvrent cette forme musicale au schéma libre pouvant laisser libre cours à l'imagination, la virtuosité ou bien la douleur ! La libre conduite du discours musical est le premier caractère de la fantaisie, jusque chez Debussy et Schoenberg. La fantaisie est affranchie de toute règle fixe. Les Allemands, au 18ème siècle, en font un grand prélude. Les compositeurs ayant utilisé ce genre sont essentiellement Bach, Mozart, Beethoven, Schumann, Chopin, Liszt, Fauré, Debussy. Bibliographie : les Genres Musicaux, vers une nouvelle histoire de la musique, Larousse, 2003.

        
  • Fugue . Voici la forme musicale la plus complexe, probablement, mais aussi la plus attirante. Au début était le Canon qui consiste à faire rentrer dans l'exécution de la pièce une mélodie identique à différents intervalles de mesures. Dans le Canon, les voix sont les mêmes, mais, avec le Canon, le principe de la fugue est à portée de main. Les compositeurs italiens, par exemple, appelaient le canon du nom de fugue (au 16ème s. avec Frescobaldi par exemple). Buxtehude, Pachelbel et surtout J.S. Bach (il est partout !) ont alors vraiment posé les bases de la fugue pour les instruments à claviers en premier lieu, mais aussi dans les oeuvres instrumentales et chorales. En général, la fugue est écrite pour 4 voix qui se présentent par entrées successives. Le thème de la fugue est appelé par tous les musiciens: le sujet. La 1ère voix présente le sujet qu'elle fait suivre d'un contre-sujet (qui forme à la fois la RÉPLIQUE du sujet et son complément). En même temps, généralement à la dominante, le second EXPOSÉ du sujet entre: c'est la réponse. A partir de cet instant il y aura un enchevêtrement de sujets et de contre-sujets. Il doit y avoir, nous l'avons dit, généralement 4 entrées de sujet. Lorsque tous les sujets et les contre-sujets sont entrés, l'exposition est close. Un second volet s'ouvre alors: le développement , exploitation plus libre et émancipée dans ce que l'on appelle les DIVERTISSEMENTS où l'imagination et le talent du compositeur sont plus libres. Ces divertissements constituent le second corps de la fugue, le premier étant l'exposition des différentes voix. Dans les divertissements, il y a des retours fréquents, parfois, à un exposé du sujet. Le troisième volet de la fugue arrive: c'est la STRETTE (dont nous parlons ci-dessus): péroraison assez brève enchaînant des ENTRÉES RAPPROCHÉES du sujet jusqu' à un accord final. Voilà en fait, l'exposé de ce qu'est une fugue dite d'école. Bach fut sans aucun doute le Grand Maître de la fugue puisqu'il en a fait un traité important intitulé l'Art de la Fugue que l'on exécute aux claviers (orgue, clavecin) mais aussi avec une formation orchestrale. La fugue, chez Bach, est un développement intellectuel de haut vol, et il est intéressant de décortiquer une fugue (déjà une simple) de ce compositeur pour bien comprendre la structure de la pièce. La fugue, chez Bach, suit normalement un prélude ou une toccata. Bibliographie : Les genres musicaux, vers une nouvelle histoire de la musique, Larousse, 2003.

         
  • Gigue . C'est une ancienne danse dont on pense qu'elle vient de Grande-Bretagne où elle était pratiquée à l'époque élisabéthaine. Elle vient ensuite en France. D'autres pensent que c'est plutôt une danse d'origine italienne. Son origine anglaise serait le terme ancien "jig ou bien jigg" (farce qui se jouait au 17ème siècle). Dans le cas contraire, le terme italien "giga" serait à son origine. Son rythme est binaire ou ternaire mais toujours en triolets ou en valeurs pointées (le plus souvent 3/8, 6/8, 6/4 ou même 2/2 ou 4/4) et le mouvement est très vif. Elle est souvent le terrain d'un travail d'imitation (gigue "à miroir" de Bach), elle prend même une forme fuguée, notamment chez Bach. Elle est formée de 2 sections avec chaque fois les reprises. C'est une pièce qui souvent est placée en fin d'une suite comme final rapide et destiné à montrer l'agilité du claveciniste (ou du pianiste). Toutes les Suites Françaises et Anglaises de J.S. Bach se terminent par une gigue, il en va de même pour les Partitas pour clavecin de Bach (sauf la deuxième). Haendel a aussi beaucoup utilisé la gigue. La particularité de la gigue est souvent (chez Bach notamment) d'être écrite en forme dite "miroir": la seconde section de la gigue est alors écrite "à l'envers" exactement comme si l'on mettait la partition de la première section devant un miroir et que l'on écrivait ce que l'on voit dans le miroir. Les gigues de Bach sont très difficiles à exécuter et on doit montrer son talent de virtuose des claviers, alors. J'en garde de merveilleux souvenirs de clavecin ! Bibliographie : Nouveau Dictionnaire de la Musique, R. de Candé, Seuil, 2000. On peut aussi vous proposer un site:  http://www.cosmovisions.com/musiGigue.htm  (attention, copyright exclusif sur ce site pour Serge Jodra, 2004 © ).


  • Le Grave: mouvement d'une pièce musicale (sonate, oeuvre orchestrale...) très lent et solennel (la noire = env. 40-50). [Dictionnaire des Mots de la Musique, J. Siron, éd. Outre-Mesure. Paris, 2002]. Un Grave célèbre: celui qui ouvre la Sonate Pathétique de Bethoven (écouter ici). Le Concerto pour violon, cordes et continuo BWV 987 de J.S Bach (adaptation pour le clavecin), débute par un Grave alternant avec des passages plus rapides. Cette pièce, au piano ou au clavecin, rappelle très sensiblement une Toccata pour clavier. Généralement, à notre goût, le Grave de cette oeuvre de Bach est souvent joué nettement trop rapidement.

       
  • Ground . Cette forme musicale vient des virginalistes anglais, mais son origine reste cependant assez obscure ! Le ground apparaît simultanément en Angleterre, en Italie et en Espagne, ceci au 16ème s. Le 17ème siècle le voit se mettre en évidence sous Monteverdi et Purcell. Il disparaît ensuite au 18ème siècle. Le ground, vocal ou instrumental, est fondé sur un principe uniforme: la répétition systématique d'une partie de basse, laquelle basse obstinée (ou ostinato) impose une succession immuable d'accords. Sur cette basse permanente, les autres voix varient au gré de l'inspiration du compositeur. Le ground s'apparente à la chacone (ou chaconne) et à la passacaille. Purcell fut probablement le véritable compositeur de ce genre (grounds pour clavecins d'Henry Purcell [1659-1695]). Référence : Les Genres musicaux, par G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003.

         
  • Impromptu . C'est une pièce romantique qui eut un règne assez bref au 19ème siècle. Cette pièce se développe avec l'avènement du piano dans sa forme moderne et avec les musiciens romantiques. Ce sont "des instants d'humeur". Globalement, ces pièces sont sensibles et délicates, notamment chez Schubert. D'autres compositeurs d'impromptus: F. Chopin, G. Fauré. L'impromptu adopte assez souvent une forme en 3 parties (A-B-A). Ceci permet au compositeur de jouer sur plusieurs tableaux: les phrases romantiques et délicates, une partie parfois plus marquée avec aussi des rappels de A, et finalement une reprise de A. L'impromptu est une mise en évidence du lyrisme et de la virtuosité de pianiste. Schubert a laissé 8 impromptus qui forment un cycle que tout pianiste se doit de parcourir. Chopin a écrit 4 impromptus pour le piano. Schumann en a aussi écrit un. Fauré a composé 6 impromptus pour piano. Bibliographie : Les genres musicaux, Larousse, Paris, 2003.

         
  • Invention . cette forme musicale serait très probablement restée dans l'oubli complet sans J.S. Bach. Ce dernier a publié des recueils (2 sont connus) d'inventions qui sont le passage obligé de tout apprenti pianiste ou claveciniste. L'invention est une forme musicale dont le premier caractère reste la RIGUEUR contrapuntique. L'invention est à 2 ou 3 voix chez Bach. Ces voix sont mises en action en obéissant à une règle presque systématique d'imitation; à un point tel qu'on pense être en présence d'une forme très évoluée du canon. Les inventions sont des pièces de clavecin ou aussi de violon (Bonporti) du 18ème siècle. Bibliographie : Les genres musicaux, Larousse, Paris, 2003.

       
  • Lied . Mot signifiant en allemand: chant ou chanson (pluriel = Lieder). L'origine du Volkslied (chant populaire) remonte au Moyen Age allemand. Les mélodies nées à cette époque ont d'ailleurs été souvent adoptées par le Choral. A partir du 17ème siècle, la forme devient plus raffinée et influencée par l'Aria italienne. Bien que Haydn et Mozart aient eu l'occasion de pratiquer ce genre musical, Beethoven sera le premier à cultiver cet art, lui donnant définitivement son caractère de pièce vocale accompagnée au piano; mais le Maître incontesté du Lied sera F. Schubert, auteur de plus d'une centaine de ces chefs-d'oeuvre. Puis viendront les Lieder de Schumann, Brahms, Wolf, Mahler, R. Strauss. Le Lied est avant tout une pièce poétique en lien direct avec des poètes comme Goethe, Schiller. Il peut même arriver qu'un texte médiocre soit complètement métamorphosé par le climat musical qui l'entoure. Cette osmose totale de la musique et de la poésie parvient à sa perfection en Allemagne au 19ème siècle. Bibliographie : Les Genres Musicaux, Larousse, Paris, 2000.

       
  • Madrigal . Cette forme musicale est d'origine florentine (14ème siècle). Elle s'apparente au rondeau français. Le madrigal, après une certaine éclipse, refait surface vers 1530. Le madrigal, en Italie, succède à la frottola = chanson populaire, par strophes, du 15ème s., sollicitant la voix accompagnée du luth. Il y eut alors des apports étrangers franco-flammands. Lassus, maître de chapelle du Duc de Bavière, utilisa beaucoup le madrigal. En Italie, le madrigal évolue, avec un discours plus expressif. C'est avec Claudio Monteverdi que le genre madrigal culmine. Le genre est alors caractérisé par une grande virtuosité vocale et beaucoup d'expressivité. Au début monodie accompagnée, le madrigal autorise sous Monteverdi l'introduction d'ensembles (duos, trios) propres au style concertant qui annonce l'esthétique baroque. En Angleterre, le madrigal sera concurrent de l'ayre (Byrd, Morley, Gibbons...). [Pour l' ayre , vois ci-dessus dans cette page]. Sous Monteverdi, le madrigal initialement polyphonique à 5 voix, prend une structure moins homogène avec des récitatifs, des monodies, des duos, des trios, un choeur: on se rapproche de la cantate profane alors. En 1555, au sujet du madrigal, Nicolà Vicentino écrit ce qui suit: "La musique faite sur un texte n'a pas d'autre propos que d'en exprimer le sens, les passions et affections au moyen de l'harmonie...Quand un compositeur veut écrire une musique triste, il utilisera un mouvement lent et des consonances mineures. S'il veut faire une musique gaie, ce sera avec un mouvement rapide et des consonances majeures". Voici posées, au milieu du 16ème siècle, les bases de la musique future et des Temps modernes ! Madrigaux: 12 livres de madrigaux par Luca Marenzio, vers 1580. Sept livres de madrigaux à 5 et 6 voix par Carlo Gesualdo vers 1600. Huit livres de madrigaux par Claudio Monteverdi, écrits de 1587-1638. Référence : Les Genres Musicaux, par G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003. http://fr.wikipedia.org/wiki/Madrigal , à lire aussi.

       
  • Masque . Ce genre musical est typiquement anglais et il apparaît au 16ème siècle, vers la fin du règne l'Elisabeth Ière (1558-1603). Le masque est très proche du ballet de cour à la française. C'est un divertissement avec un argument souvent fantaisiste et anarchique dans sa structure. Il puise dans la mythologie et l'allégorie. On y chante et on y danse avec des costumes s'apparentant au genre théâtral anglais. L'épanouissement du masque se situe dans le premier quart du 17ème s. On y trouve des chants avec des passages réservés à la danse. L'écriture des parties chantées est polyphonique et proche du madrigal. On a retrouvé des masques de Thomas Campion (1567-1620), de C. Gibbons (1615-1676), de H. Purcell (1659-1695): masque des Saisons dans The Fairy Queen (1692). Référence : Les genres musicaux, G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003.

         
  • Menuet . Voici une danse d'origine française, de rythme ternaire et au tempo plutôt lent. Son origine remonterait au "branel" du Poitou, mais cette thèse est discutée. Le menuet fait son apparition à la Cour de Louis XIV, avec Lully, qui l'introduisit dans Cadmus et Hermione (1673). Lully le fit figurer dans pratiquement tous ses opéras. Le menuet fut intégré dans la Suite en France, et se répandit ensuite dans toute l'Europe. Cette danse caractéristique de l'Ancien Régime resta appréciée longtemps, au 18ème siècle. Son rythme est soit "blanche-noire-noire-blanche" ou "blanche-noire-blanche-noire" ou enfin "noire-blanche-blanche-noire". Le menuet s'éteignit au 19ème siècle. Offenbach l'utilisa encore dans Orphée aux Enfers. Le menuet classique comportait en principe 2 parties dont chacune était répétée (AA-BB); puis il fut suivi d'un double ou trio (CC-DD), puis il y eut des reprises menant au schéma suivant: AA-BB-CC-DD-AB. C'est cette structure que l'on trouve dans les symphomies ou sonates de Haydn ou Mozart. Chez Bach, le menuet est à la fin de la Suite, parmi les "Galanteries", avant la très classique et importante Gigue. Bibliographie : Dictionnaire de la Musique, Larousse, Paris, Marc Vigal, 2005.

        
  • Messe . Elle se compose des chants "ordinaires" à savoir Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus qui forment un ensemble +/- homogène. La première Messe complète, et polyphonique, est la Messe Notre-Dame du compositeur Guillaume de Machaut. De nombreuses versions isolées des chants ordinaires ont été réunies par des copistes selon les besoins du culte (Messe de Tournai, par exemple). Au 15 et 16ème siècles, l'unité de la messe polyphonique est assurée par un Cantus Firmus liturgique ou profane qui donnait son nom à l'ensemble. La messe n'a pas constitué une forme musicale autonome. Elle adopte au 18ème siècle la forme d'un oratorio ou d'une cantate. Le Credo est parfois tellement développé qu'il constitue à lui seul une pièce chantée sous forme de cantate que l'on peut extraire de l'oeuvre pour l'exécuter séparément. La fameuse Messe en Si de J.S. Bach est une grande oeuvre dont le Gloria et le Credo se composent chacun de 8 parties ! Haydn, Mozart, Beethoven ont construit des Messes de manière analogue à celle de Bach. Celle de Beethoven convient plus à un concert spirituel qu'à une célébration de culte. Avec d'autres auteurs, on a eu un glissement vers une forme d'opéra (Verdi, Rossini...). Bibliographie : Nouveau dictionnaire de la Musique, par R. de Candé, Seuil, 2000.

         
  • Motet . C'est une forme musicale polyphonique, vocale ou pour voix et instrument. Elle se développa depuis le 13ème siècle jusqu'au 20ème siècle. On distingue le motet ancien qui est une forme polyphonique importante du Moyen Age européen. Ces motets anciens furent créés en rajoutant une ou 2 voix à une mélodie grégorienne préexistante. Ces 2 voix étaient une sorte de commentaire au texte du ténor avec des paroles liturgiques différentes et de nouvelles mélodies. Par la suite, les voix supérieures utilisèrent des textes sur des sujets amoureux ou conviviaux alors que le ténor comprenait toujours un texte liturgique. Par la suite, le motet se transforma et le ténor fut confié à un ou plusieurs instruments. Le motet franco-flamand. C'est le motet du 15ème siècle où le traitement du ténor subit une transformation en jouant un rôle contrapuntique à égalité avec les autres voix. Le motet de la Renaissance. Au 16ème siècle le motet de tradition flamande subit une simplification progressive du contrepoint et connut une plus grande union de la musique et du texte. Roland de Lassus et Palestrina atteignirent probablement le point culminant de cette production du motet du 16ème siècle. Le motet moderne. A partir de 1600, le motet prit 2 directions différentes. D'une part on chercha à conserver la tradition de Palestrina dans les oeuvres de contrepoint vocal rigoureux. D'autre part, on adapta le motet aux nouvelles formes religieuses plus proches de la réalité du langage musical de l'époque, donnant ainsi naissance à des motets concertants (époque baroque). Ces motets concertati, on les trouve chez Monteverdi, Cavalli; on trouve des motets-cantates chez J.S. Bach. Il y eut l'école de Versailles avec des motets de Rameau, Charpentier, Couperin. Le motet perdit ainsi toutes ses références formelles de ses origines. Le motet est devenu alors une composition sacrée (vocale et instrumentale) n'appartenant pas au cycle de la messe. Bibliographie : Encyclopédie de la Musique, La Pochothèque, Paris, 1995.

         
  • Musique à programme . Le concept de la musique à programme recoupe en partie celui de la musique descriptive. La musique à programme dépend d'un texte. Dans le sens large, la musique à programme regroupe la musique vocale et les oeuvres scéniques: ballets, opéras, musiques de film. A l'opposé de la musique à programme, on a des musiques comme les sonates, les symphonies, la musique de chambre. Une oeuvre comme les Quatre Saisons de Vivaldi est considérée comme de la musique à programme descriptive, car elle contient, de manière discontinue, des imitations de cris d'oiseaux, des bruits divers, imitatifs. La musique à programme est née au 19ème siècle avec la Symphonie Fantastique de Berlioz (1830). Il y a des traces prémonitoires de musique à programme dans des oeuvres antérieures comme la Bataille de Marignan de Janequin, ou le Caprice sur le départ d'un frère bien-aimé de Bach. Tout fragment sonore soumis à une donnée visuelle ou verbale s'inscrit donc de facto dans la catégorie de la musique à programme. La liste des exemples serait longue: citons par exemple l'Apprenti Sorcier de Dukas, La danse Macabre de Saint-Saëns, la Nuit sur le mont Chauve de Moussorgsky. Références : Les Genres musicaux, G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003. L'article de la musique à programme dans l'Encyclopédie libre Wikipedia d'Internet.

        
  • Nocturne . Ce genre est sans rapport avec le notturno de la musique de divertissement de l'ère galante. Le nocturne est une pièce élégiaque, le plus souvent réservée au piano. A son origine, on trouve le pianiste irlandais John Field, élève de Clementi et auteur d'un recueil de pièces baptisées nocturnes pour piano et accueillies avec enthousiasme par le public parisien en 1832. Chez Field, le nocturne propose une équivalence instrumentale du lyrisme italien à base d'accords arpégés et nombreux. Dès Chopin, et au moins jusqu'à Fauré, le nocturne sollicite en premier lieu l'imagination poético-mélodique, d'où une grande simplicité de structure, souvent fondée sur 2 thèmes, avec un sentiment intense d'être dans l'improvisation. Oeuvres majeures: John Field, 1782-1837 = 18 nocturnes pour piano. Chopin (1810-1849) = une vingtaine de nocturnes pour piano. Autres auteurs: F. Liszt, E. Grieg, G. Fauré, C. Debussy (ce dernier: 3 nocturnes pour orchestre). Bibliographie : Les genres musicaux, de G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003.

        
  • Opérette et l' Opéra bouffe . Voici un genre musical qui est assez spécifique du 19ème siècle. L'opérette se reconnaît par sa gaieté, son entrain, son impertinence et parfois par son argument que certains jugent "maigre", et des textes chantés pas toujours d'un niveau très "élevé" ! Charles Lecocq et Jaques Offenbach restent les maîtres de ce genre en version française. La forme viennoise est illustrée par Johann Strauss et Franz Lehár. Proche de l'opérette, l'opéra bouffe fait dans la parodie théâtrale. Orphée aux Enfers et la Belle Hélène de J. Offenbach font partie du genre opéra bouffe, et la Périchole, du même auteur, est une opérette. Au 20ème siècle, l'opérette s'essouffle un peu, malgré l'apport intéressant de Messager. Les deux genres (opérette et opéra bouffe) sont très proches. Il est difficile de bien déterminer ce qui sépare ces deux formes musicales. Les épisodes parlés sont peu fréquents dans l'opéra bouffe. Les mélodies de l'opérette sont enjouées, même populaires, de mémorisation facile pour l'auditeur. Si l'on s'en réfère à l'histoire musicale des compositeurs, on remarque que le genre opéra bouffe fut à l'honneur, déjà au 18ème siècle. Arthur Honegger écrivit aussi dans ce genre: le Roi Pausole (1930). Référence : les Genres musicaux, par G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003. Voir le site: http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%E9ra-bouffe .

       
  • Oratorio . Existait déjà au Moyen-Age par les formes théâtrales du drame liturgique ou semi-liturgique, du mystère et du miracle. La naissance officielle de l'oratorio est datable en 1600, comme l'opéra, avec l'ouvrage de Cavalieri intitulé "La Rapprezentazione di anima e di corporo". Au 17ème siècle, Carissimi donne à l'oratorio un caractère spectaculaire pour entraîner l'adhésion du public. Il aura des disciples, notamment Vivaldi. L'oratorio est donc né en Italie mais connaîtra son apogée en France et Allemagne, avec notamment bien sûr J.S. Bach. Deux compositeurs majeurs, Bach et Haendel. Bach a toujours conçu l'oratorio comme une suite de cantates (voir son Oratorio de Noël, BWV 248). Cet oratorio enchaîne 6 cantates du temps de Noël. L'oratorio profane est illustré par Haendel, mais il faudra attendre l'oeuvre de Haydn "Les Saisons" (1801) pour en découvrir l'accomplissement. Haydn a aussi écrit "La Création" qui est le dernier exemple d'oratorio sacré de l'époque classique. L'oratorio use des mêmes formules que la Cantate mais en plus grand et plus imposant (récitatifs, airs, ensembles de choeurs, formation instrumentale qui illustre l'argument avec les solistes). Haendel redonnera aux grands choeurs un lustre extraordinaire (dans le Messie, par exemple). On pourra citer les Oratorios d' Emilio de Cavalieri (vers 1550 et 1602), Heinrich Schütz (Histoire de la Nativité, 1664), Vivaldi avec Juditha triumphans (1716), Haydn, Bach, Haendel (ce dernier composa 32 oratorios), et plus récemment il y eut des oratorios de Beethoven (Le Christ au Mont des Oliviers, 1803), de Berlioz, de F. Liszt, de César Franck (Les Béatitudes, 1879), et de Honegger (Le Roi David, 1921). Bibliographie : Les Genres Musicaux, par G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003.

        
  • Ouverture . Les origines lointaines de l'ouverture sont à rechercher dans les genres baroques du Ballet de Cour et de la Sinfonia. Dès 1607, l'Orfeo de Monteverdi s'ouvrait par une Sinfonia (Intrada praeambulum) pour trombones et orgue. Il s'agissait d'ouvrir au sens propre le drame, de suggérer une ambiance propice à une écoute attentive de la partition. Au 17 et 18èmes siècles se développent 2 versions, la française et l'italienne. La différence principale tient dans la nature des tempi enchaînés: lent-vif-lent, le retour de l'épisode lent sera assez vite supprimé ou abrégé pour l'ouverture à la française comme la pratique Lully. Pour l'ouverture italienne, les tempi sont vif-lent-vif. Alessandro Scarlatti en a perfectionné la forme. Dans la seconde moitié du 18ème s., notamment chez Mozart, l'ouverture fait corps avec l'action dramatique dont elle chante certains thèmes et dont elle caractérise le climat sonore. A partir de Beethoven, auteur de 11 ouvertures, dont 4 pour son seul Fidelio, l'ouverture se découvre une réelle autonomie et deviendra un genre volontiers pratiqué par les romantiques comme Berlioz par exemple. Durant le 19ème s., l'ouverture dispose d'une liberté analogue à celle du Poème symphonique dont elle devient proche parente. A l'époque classique, l'ouverture subit sensiblement l'influence de la symphonie naissante et recourt à ses structures (notamment celle de la forme sonate). Bach qualifie d'ouvertures des suites pour orchestre, alors que Rameau donnera à l'ouverture une forme à 2 volets. Bibliographie : Les genres musicaux, Larousse, Paris, 2000.

          
  • Passacaille . Voici une danse encore d'origine espagnole venant des mots pasar et calle . Elle évoque les musiciens ambulants qui au 16ème siècle jouaient les pasacalle dans les rues espagnoles. A l'origine, il s'agissait de marches courtes dont on variait les répétitions pour éviter d'être monotone. Au 17ème siècle, en France, la passacaille fut une danse fort appréciée comme danse de cour et elle apparaît, comme la chaconne, dans le final de certains opéras-ballets. Dans la musique instrumentale, elle n'est pas intégrée à la suite et elle s'éloigne assez vite de son origine chorégraphique. La passacaille est écrite pour l'orgue et le clavecin, tout comme la chaconne, sur un thème court répété autant de fois qu'il faut, ceci pour servir comme thème à des variations. Haendel avait fait ce type de présentation avec la chaconne (fameuse chaconne et variations jouée au piano et au clavecin). Les Italiens ont composé des passacailles instrumentales avec variations au 17ème siècle. Mais, encore une fois, c'est J.S. Bach qui a porté au plus haut de son art la Passacaille et Variations dans son oeuvre considérable en ut mineur (Grande Passacaille en ut mineur). C'est de loin le plus haut modèle du genre. On trouve encore dans la musique des 19 et 20ème siècles des exemples de passacaille. La passacaille est une danse à 3 temps. Bibliographie : Nouveau dictionnaire de la musique, R.de Candé, Seuil, 2000. Dans la Passacaille de Bach, le thème (passacaille) est présenté sous forme d'une basse obstinée à 3 temps: noire, blanche-noire, blanche-noire, blanche-noire, blanche-noire. Ce qui fait au pédalier de l'orgue une exposition suivante: do, sol-mi, fa-sol, la-fa, sol-ré, mi-si bécarre, do-fa, sol (blanche poitée) et ici entrent en jeu les claviers. Cette introduction se retrouve obstinément durant tout l'oeuvre.

        
  • Passe-pied , danse populaire française d'origine bretonne, de caractère vif et enjoué. Exécutée à pas glissés sur un rythme tout d'abord binaire, puis ternaire, à partir du 17ème siècle qui l'avait adopté comme danse de Cour. Le Passe-pied a eu les honneurs du théâtre et du concert au même titre que d'autres danses classiques. Le passe-pied entre dans la composition de suites instrumentales de Couperin à Debussy.

       
  • Passion . C'est un genre un peu mal défini mais très proche de l'Oratorio. La Passion est une oeuvre généralement pathétique destinée à évoquer les dernières heures du Christ telles qu'elles sont décrites dans les Evangiles. En Italie, elle existe au 17ème siècle déjà mais sans accompagnement d'orchestre. Scarlatti a écrit des Passions en usant du cadre formel de l'oratorio romain. Mais le sommet du genre, une fois de plus, c'est J.S. Bach qui en est l'auteur, notamment avec ses 2 Passions selon Saint-Jean et Saint- Matthieu. On les fait revivre encore toujours à chaque Vendredi-Saint dans les grands édifices religieux de Suisse, notamment à Payerne, où l'intensité de la dramaturgie est amplifiée par le cadre architectural roman de l'Abbatiale. Nous nous rappelons d'une Passion selon Saint-Jean à Payerne où il avait été spécialement demandé de ne pas applaudir à la fin; il était environ 19 heures quand l'exécution de la Passion s'est terminée dans la limpidité immensément prenante du choral "Ruht Wohl", point final simple mais incroyablement prenant de cette Passion. Des centaines de personnes (abbatiale pleine) étaient debout, mains jointes dans un silence total devant les interprètes debout également. Plusieurs minutes de silence et de recueillement où plusieurs personnes avaient les larmes aux yeux. Puis le public s'en est allé dans le soir tombant de ce Vendredi-Saint . Cela aurait pu être lugubre, sans la Promesse de Pâques ! Les Passions de Bach sont construites autour d'un récit de l'évangéliste, avec des Arias, de grands Choeurs, des "interpellations" entre solistes. C'est une dramaturgie. Mais au-dessus de cet ensemble plane un choral simple qui revient souvent. Sa présence sobre au sein de la Passion est très contrastée et produit un effet émotionnel rare. C'est la façon que Bach a de ramener le fidèle à l'essentiel, malgré les effets parfois théâtraux du reste de la Passion. Le grand choral conclusif est toujours un joyau qui ne peut pas laisser indifférent. ( Bibliographie : Les genres Musicaux, Larousse, Paris, 2003).

        
  • Poème symphonique . Genre le plus accompli de la musique dite à programme. Il commence à apparaître au 19ème siècle avec F. Liszt en 1849 (Ce qu'on entend sur la Montagne), d'après V. Hugo. Les compositeurs d'Europe centrale et de Russie utilisent volontiers cette forme musicale. On a aussi des poèmes symphoniques de Richard Strauss. C'est généralement une pièce d'un seul tenant. Comme il manque les mots, la musique devient figurative, narrative, descriptive. Le genre méditatif est aussi utilisé. On ne recule pas devant l'emploi de couleurs sonores particulières ou de rythmes insolites. De nombreux compositeurs ont écrit de ces poèmes musicaux, non seulement pour l'orchestre, mais aussi pour l'orgue. Bibliographie : Les Genres musicaux, vers une nouvelle histoire de la musique, Larousse, Paris, 2003.

       
  • Prélude . Si l'on met à part le Prélude d'opéra, cette forme musicale est destinée à un instrument soliste, plus rarement à la voix ou à l'orchestre. Comme son nom l'indique, le prélude sert à INTRODUIRE une autre pièce de caractère plus "composé" ou plus "élaboré". Le prélude fut au départ une oeuvre improvisée, fluide, qui servait à l'artiste pour appréhender son instrument, pour en fait l'apprivoiser. Cette forme fut abondamment utilisée par les organistes et les clavecinistes. En quelque sorte, le Prélude sert à AFFIRMER l'instrument et à "présenter" les capacités de l'exécutant. Avec Chopin, notamment, le Prélude devient une forme musicale autonome, qui ne "prélude plus" à d'autres mouvements de la pièce à exécuter. Le Prélude classique baroque a connu son apogée avec J. S. Bach et ses fameux préludes et fugues du Clavier bien tempéré (48 oeuvres). Il y a aussi des Préludes de choral, pièces simples de quelques lignes servant à introduire le chant choral dans l'église protestante. Le prélude serait né chez les luthistes à l'articulation des 16 et 17èmes siècles. Bibliographie : Dictionnaire de la musique, Marc Vignal, Larousse, Paris, 2005. Site à visiter: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%E9lude .
         
  • Psalmodie . Voici probablement la plus ancienne mise en forme du matériau musical. Les origines de la psalmodie semblent se perdre dans la nuit des temps. Avec l'avènement du chant grégorien, elle devient un genre musical à part entière. La psalmodie est liée au texte sacré qu'elle anime et constitue une émission vocale par mouvement conjoint. La psalmodie est caractérisée par un ambitus (étendue entre la note la plus haute et la plus basse de la pièce) et par un ethos (caractère) qui dépend du texte et de son sens. [Chant grégorien: chant rituel de l'Eglise latine, dont la codification fut attribuée au pape Grégoire Ier, et qui a été à la base du chant ecclésiastique catholique. Le chant grégorien fut codifié au 9ème siècle, disparut au 17ème siècle et fut repris au 19ème siècle par les moines de l'abbaye de Solesmes, abbaye mère de la congrégation bénédictine de France]. Référence : Les Genres musicaux, G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003. Voici une page Internet bien utile et à lire en détail: http://fr.wikipedia.org/wiki/Psalmodie .

        
  • Quatuor (à cordes). Le quatuor à cordes est une pièce pour 2 violons, un alto et un violoncelle. C'est là la composition classique et la formation la plus courante du quatuor. C'est un genre neuf qui s'affranchit de l'écriture à 3 voix (sonate en trio baroque) et de l'écriture à 5 voix. Haydn est le compositeur qui a fait faire le plus de progrès dans la forme du quatuor. Il en a fait un genre majeur de la musique de chambre. Il arrive parfois que le quatuor à cordes reprenne le visage du trio avec adjonction d'un instrument comme la flûte, le piano, la clarinette, le cor, etc. La forme quatuor a sollicité les plus grands noms de notre histoire musicale, jusqu'au 20ème siècle. Avec Haydn, le quatuor abandonne la basse continue. Parallèlement à la genèse de la symphonie au 18ème siècle, l'individualisation des instruments, dans la musique de divertissement, favorise l'émergence de ce genre neuf qu'est le quatuor. Les compositeurs de quatuors sont J. Haydn (83 quatuors !), Mozart, Beethoven (16 quatuors), Schubert (15), Mendelssohn, Schumann, Franck, Brahms, Fauré, Debussy, Schoenberg, Ravel, Bartok, Berg, Prokofiev, Messiaen. Référence : Les Genres musicaux, G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003. Lien à consulter: http://fr.wikipedia.org/wiki/Quatuor .

      
  • Requiem . Ce genre musical s'impose comme le grand genre musical religieux de l'époque romantique. C'est la Messe pour les Morts qui ouvre sa partition par "Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis" (Seigneur, donne-leur le repos éternel, et que brille pour eux la lumière perpétuelle). Le Requiem est un genre très ancien. Dans sa version médiévale, il était réservé au chant grégorien et il ne fut intégré à la messe qu'au 13ème s. Les maîtres de la polyphonie on pratiqué le Requiem avec habileté: J. Ockeghem, Giovanni Pierluigi da Palestrina. Mozart lui donne ses lettres de noblesse en 1791, mais son apogée se situe au 19ème s. avec des oeuvres bien connues de Berlioz, Schumann, Verdi, Brahms, Fauré... Le Requiem est aussi pratiqué par des compositeurs contemporains comme Duruflé ou Ligeti. Les grandes divisions du Requiem sont: Introït, Kyrie, Graduel, Offertoire, Sanctus, Agnus Dei et Communion. Le Requiem est capable de revêtir une grande intensité dramatique. Requiems célèbres: André Campra (1722), Mozart (1791), Berlioz (1837), Verdi (1874), Fauré (1888), Duruflé (1947). Référence : Les Genres musicaux, par G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003. Site à voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Requiem .

        
  • Rhapsodie . Le succès de cette forme musicale est lié à la montée des nationalismes au 19ème siècle. Ce genre musical puise essentiellement dans le fonds populaire soir par emprunts directs à des compositeurs populaires du folklore, soit par esprit d'imitation. C'est Liszt qui a popularisé ce genre musical par de célèbres oeuvres musicales. A la suite, la rhapsodie sera plutôt une oeuvre pour orchestre avec piano concertant. Cette pièce est toujours destinée à des virtuoses. Elle n'a pas de structure: c'est plutôt une succession simple d'épisodes contrastés où le compositeur est libre d'élargir l'éventail des instruments. L'écriture de la rhapsodie est presque toujours une manière de mettre en évidence la virtuosité instrumentale ou pianistique. On connaît les rhapsodies de Liszt (19 rhapsodies hongroises), une rhapsodie norvégienne de Lalo, 2 rhapsodies pour piano de J. Brahms, la rhapsodie espagnole de Ravel et une rhapsodie pour piano et orchestre de Bartok. Bibliographie : Les Genres Musicaux, par G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003.

        
  • Ricercare . Cette forme musicale dérive du motet chanté. Par contre le ricercare est destiné à un instrument (luth au 16ème siècle, puis orgue et clavecin au 17ème siècle). Au 18ème siècle, le ricercare disparaît. C'est donc une forme instrumentale ancienne. Ricercare signifie "recherche". Son développement est européen au 17ème siècle, parallèlement à la canzone. Le ricercare évoluera progressivement vers la fugue pour clavier. Titelouze et Frescobaldi participeront notoirement à cette évolution vers la fugue. Le ricercare est formé de plusieurs volets (de 3 à 10), chacun bâti sur un motif musical différent et traité en imitations. Cette structure vient évidemment du motet. Tout en conservant le principe imitatif, les compositeurs s'efforceront de donner une unité thématique au ricercare, d'où son glissement inévitable vers la structure de la fugue. Il existe des Ricercari de J.P. Sweelinck (1562-1621), de Jehan Titelouze (1563-1633), de G. Frescobaldi (1583-1643); de ce dernier: les ricercari des Fiori Musicali pour orgue (1635). Référence : Les Genres Musicaux, G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003.

        
  • Rondo ou Rondeau . C'est une forme musicale lointaine venant du Moyen-Age (oeuvre vocale). Le Rondo ou Rondeau devient un pièce pour clavecin au 18ème siècle et devient assez important. Cette pièce figure assez souvent à la fin des symphonies dont il organise les derniers mouvements. Dans la sonate, le rondeau fonctionne sur le principe d'alternance d'un même refrain et de couplets différents. Mozart et Chopin ont écrit des rondos assez réussis. Le rondeau est en fait un ensemble de couplets encadrés par un refrain. Couperin a écrit un rondo remarquable: Les Baricades Mystérieuses (1716). Mozart a écrit un rondeau pour piano et un pour cor (soliste). Schubert a écrit un Rondo brillant pour piano et violon. Mendelssohn a écrit un Rondo capriccioso pour piano. Chopin a écrit 3 rondos pour piano (op. 1, 5 et 16). Bibliographie : Les Genres Musicaux, Larousse, Paris, 2003.

        
  • La Sarabande , est une danse admirable, douce et sensuelle, à 3/2 ou 3/4, d'origine espagnole. Elle a peut-être une origine orientale. On la pratiquait en Espagne au 16ème siècle dans un style lascif caractéristique. Dans un Traité, le Padre Mariana (1536-1623) écrit que la sarabande est "si lascive dans ses paroles, si impudique dans ses mouvements qu'elle suffit à mettre le feu, même aux personnes les plus honnêtes". Cette danse sera même interdite sous Philippe II. Elle arrive à la Cour de France en 1588 où elle arbore un style noble, un peu compassé. La musique instrumentale s'en empare au 16ème siècle. Des sarabandes un peu plus rapides et aussi plus "modérées" s'affichent chez les compositeurs italiens, anglais et allemands. C'est la sarabande, fortement ornée et lente, que l'on adopte le plus souvent au 18ème siècle, dans la suite classique. C'est probablement l'origine du mouvement lent de la future sonate. J.S. Bach, encore lui, a écrit des sarabandes dans ses suites, d'une beauté et d'une sensualité phénoménales. Le claveciniste a devant lui une trame mélodique et il peut donner libre cours à son sens de l'improvisation dans l'ornementation de la danse. C'est probablement là que les clavecinistes s'exprimaient le plus librement. Rythme caractéristique: noire, noire pointée, croche / noire, blanche. Bibliographie : Nouveau dictionnaire de la musique, R. de Candé, Seuil, 2000.

       
  • Scherzo . "Plaisanterie, caprice" en italien. Ce genre musical s'affirme au 19ème siècle. Auparavant, on le rencontre parfois dans la suite comme pièce libre au caractère plutôt enjoué. Il y a les Scherzi de Monteverdi. Historiquement, il fait suite au menuet. C'est Chopin qui met bien en évidence ce genre musical qui effectivement se rapproche beaucoup du menuet. La succession des thèmes est : a-b/ba'-ba', puis c-c/dc'-dc', puis a-ba'. Les compositeurs de scherzos sont essentiellement Mendelssohn, Schubert, Schumann, Bartok, Stravinsky, et bien sûr F. Chopin. Bibliographie : Les genres musicaux, éd. Larousse, Paris, 2003.

       
  • Sérénade . C'est une musique du soir par opposition à l'aubade. D'abord elle fut une musique vocale, telle que Mozart en a produite dans le Don Giovanni (le protagoniste s'accompagne à la mandoline). Schubert a écrit des sérénades exclusivement instrumentales. L'apogée de cette forme musicale se situe au 18ème siècle. Mozart en demeure le maître incontesté. Elle fut oubliée au 19ème siècle et a connu un regain d'intérêt au 20ème siècle (Stravinsky, Schoenberg). Le divertissement est proche parent de la sérénade. L'écriture de la sérénade est légère, brillante, son style peut être concertant avec un nombre de mouvements aléatoire (de 3-8). On compte des sérénades écrites par Mozart (elles sont nombreuses), par Schubert, par Brahms, par Fauré, par Tchaïkovski, par Schoenberg, par Stravinsky. La fameuse Petite Musique de Nuit de Mozart est une sérénade. Bibliographie : Les genres musicaux, Dictionnaire Larousse, Paris, 2000.

        
  • Singspiel . Ce genre musical est né au 18ème siècle, en Allemagne. Il s'agit d'une comédie agrémentée de chansons et de danses. Le singspiel Der Teufel ist los (d'après The devil to pay de l'Anglais Coffey), représenté à Berlin en 1743, connut un succès immédiat. En 1766, Johann Adam Hiller en a écrit une adaptation musicale: un nouveau genre est né, spécifiquement germanique et même viennois. Mozart a atteint la perfection du genre dans l'Enlèvement au Sérail, que Goethe salua avec chaleur (il était lui-même auteur de livrets de sinspiels). Fidelio de Beethoven, le Freischütz de Weber conservent du singspiel le principe des dialogues parlés. Dans le singspiel, il y a de l'humour, de la sensibilité, de la morale et des refrains populaires, tout ceci devant faire bon ménage. Le singspiel est en cela proche de l'opéra-comique. Exemples de singspiel: Philemon und Baucis de J. Haydn, Doktor und Apotheker de C.D. von Dittersdorf, l'Enlèvement au Sérail de Mozart. Référence : Les genres musicaux, par G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003.

          
  • Sonate en Trio : c'est l'une des formes les plus représentatives du style instrumental baroque. On a eu des formes en trio pour le chant (Canzone da sonar), mais les Allemands, maîtres du baroque, en font des pièces instrumentales et des pièces pour le clavier et l'orgue. Les Italiens cultivent la Sonata da Chiesa (sonate d'église) et la Sonata da Camera (sonate de chambre), en fait une suite de danses. Une fois de plus, c'est J.S. Bach qui va transformer cette forme musicale en la consacrant à une formation simple: violon et clavecin. La sonate en trio mobilise normalement 2 violons pour les parties supérieures, une viole de gambe, , (ou violon, celle) pour la basse continue dont la réalisation en accords est assurée par le clavecin ou un petit orgue. On enchaîne le plus souvent 4 mouvements alternativement lents et rapides (adagio, allegro, adagio, allegro); il n'y a plus de danses. On connaît les sonates en trio de Bach pour violon et clavecin qui sont aussi jouables à l'orgue puisque ce dernier offre la possibilité de trois plans sonores (2 mains et pédalier). Bibliographie : Les Genres Musicaux, Larousse, Paris, 2003.

      
  • La Strette est une forme d'écriture musicale en IMITATION, où les différentes voix d'une pièce musicale ENTRENT A INTERVALLES RAPPROCHÉS et serrés. La strette est essentiellement présente dans LA FU, GUE. On en rep, arlera , lorsque nous ferons un e, xposé sur la f, ugue. Dans la fugue , d'ÉCOLE, comme l'a exposé J.S. Bach, n, otamment dans L'Art de la Fugue, cette dernière, précisément, annonce sa fin par une grande pédale de dominante suivie d'une pédale de tonique et par cet exposé si caractéristique, qui "sent la fin" de la pièce, la strette, qui est placée entre ces 2 pédales. On entend par pédale, une note tenue, généralement au pédalier quand il s'agit d'une fugue pour orgue. En fait, la strette est un "condensé serré" des thèmes, que toute personne habituée à écouter de la musique classique, ne peut pas manquer: on "sent" venir la fin de la fugue ! Bibliographie : Nouveau dictionnaire de la musique, par R. de Candé, Seuil, 2000 + commentaires personnels.

       
  • Suite . C'est une composition instrumentale BAROQUE dont les mouvements sont constitués de formes de danses stylisées, de même tonalité. Son origine remonte à l'intérêt manifesté pour les danses appartenant au genre profane et aux formes issues de modèles d'oeuvres vocales, entraînant ainsi de nouveaux développements de la musique instrumentale. Le point de départ de la Suite se trouve dans l'enchaînement habituel au 16ème siècle. Le luth et le clavecin furent les instruments pour exécuter des suites au 16 et 17ème siècles. Cet art fut florissant dans toute l'Europe, notamment en France et en Allemagne, où J.S. Bach la porta au sommet de son art. Au départ, il y avait la succession d'une Allemande, d'une Courante, d'une Sarabande et d'une Gigue. Fréquemment, notamment avec Bach, on assiste à l'apparition de mouvements nouveaux comme la Bourrée, la Gavotte, le Menuet, le Passe-Pied, et même d'un Aria. Souvent, notamment chez Bach, la Suite débute par un grand Prélude d'introduction qui forme comme une sorte de "portique" d'entrée dans la Suite. Ce grand prélude (voir les Suites Anglaises de Bach) est probablement le mouvement qui préfigure le 1er mouvement de la future Sonate. La Sarabande préfigurerait le mouvement lent de la Sonate et la Gigue le mouvement final rapide de la Sonate. Au 20ème siècle, des compositions ont essayé de recréer la Suite, notamment chez Ravel (récupération néoclassique). Bibliographie : Encyclopédie de la Musique, La Pochothèque, Garzanti, 1995.

       
  • Symphonie . Il s'agit d'une pièce écrite pour orchestre. Elle comprend généralement plusieurs mouvements. En langue grecque, "symphonia" signifie "accord de voix". La symphonie classique est un genre majeur de la musique instrumentale et représente la quintessence des formes , musicales existantes. Elle met en évidence, dans nos esprits, la filiation Haydn - Mozart - Beethoven. Plus tard, la grande symphonie romantique, comme on la rencontre assez tôt chez Berlioz, n'offre pas de nouveautés de style ou de forme à l'auditeur, par rapport à la symphonie classique. La symphonia est apparue au 16ème siècle (époque baroque). Le genre symphonie se fixe dans sa forme assez définitive au 18ème siècle: école de Milan avec Sammartini (1698-1775), l'un des plus illustres et féconds représentants du genre. Le foyer de "naissance" de la symphonie se situe en Autriche, à Vienne: écoles de Wagenseil (1715-1777), de Monn (1717-1750), puis de Haydn, de Mozart et Beethoven. Ce centre viennois dominera rapidement tous les autres (école de Mannheim, école de Paris). Attribuer la "paternité" de la symphonie à Haydn est un raccourci historiquement contestable, même s'il fut l'homme de la "synthèse". Il fit cette synthèse des genres italiens, français et germaniques de la symphonie. Haydn a écrit plus de 100 symphonies, contre une quarantaine pour Mozart et 9 pour Beethoven, et aussi 9 pour Schubert. Au 20ème siècle, la symphonie continue une carrière enviable, en dépit de la déclaration de Debussy affirmant "qu'après Beethoven, la démonstration de l'inutilité de ce genre était faite" (ce qui ne l'empêcha pas d'en écrire une en si majeur !) . Le schéma formel le plus courant de la symphonie est en 4 mouvements: un allegro (en forme sonate), un mouvement lent (sorte de lied, ou de mouvement avec variations), un menuet (emprunté à la suite et qui deviendra scherzo chez Beethoven), un mouvement final plus rapide (rondo, ou mouvement terminal d'une suite). La symphonie concertante oppose un ou plusieurs instruments solistes (groupes d'instruments), tout en conservant la structure et l'esprit de la symphonie. Les compositeurs de symphonies vont de Joseph Haydn (1732-1809) [107 symphonies] à Messiaen (1908-1992), en passant bien sûr par Mozart (1756-1791) [41 symphonies], Beethoven, Weber, Berlioz, Liszt, Brahms, Mahler... La huitième symphonie de G. Mahler est un "monument" de 90 minutes laissant s'exprimer notamment: 2 choeurs, 4 chanteurs solistes, un piano, un célesta, un harmonium, un grand orgue, une mandoline, et bien sûr un orchestre, avec 2 harpes ! Référence : Les genres musicaux, par G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003. Voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Forme_musicale . [Célesta: instrument à percussion avec un clavier qui actionne des marteaux frappant des lames d'acier et de cuivre].

        
  • Thème varié . Cette forme consiste à exposer un thème, généralement au clavier ou avec un autre instrument, et d'en faire une suite de variations (sur le thème que l'on reconnaît). Cette forme a été très populaire, mais de grands compositeurs ont porté cette forme musicale à son apogée: on pense bien sûr aux fameuses Variations Goldberg de J.S. Bach, mais aussi à la chaconne avec 21 variations de Haendel, à des oeuvres plus récentes comme les variations Diabelli de Beethoven, mais aussi à de plus petites oeuvres comme le "Ah, vous dirais-je, Maman" de Mozart. Il y a aussi les Variations Sérieuses de Mendelssohn. Il y a aussi de Schubert, la Truite (quintette). Ce genre musical a donc produit un répertoire assez important du plus simple au plus difficile à exécuter. Bibliographie : Les Genres musicaux, vers une nouvelle histoire de la Musique, Larousse, Paris, 2003.

        
  • Tiento . Littéralement, tiento se rapporte à "toucher" et "tâtonner". Il semble qu'au début, il s'agissait d'un sorte de prélude destiné à faire l'accord des instruments d'une formation instrumentale. Le tiento apparaît chez les organistes espagnols, comme pièce d'orgue au 16ème siècle. Mais il s'efface assez rapidement. Ce tiento est assez proche du ricercare italien. Il possède un caractère d'improvisation avec toutefois certaines complexités d'écriture. On y relève une grande liberté rythmique. Pour cela, on use dans le tiento d'imitations mélodiques et aussi de chromatismes; ceci place le tiento à l'avant-garde de la musique instrumentale européenne de son temps. On a des compositions de tientos d'Antonio de Cabezón (16ème siècle), de Pedro Alberto Vila (1517-1582), de Francisco de Soto de Langa (1534-1619). Référence : Les Genres musicaux, G. Denizeau, Larousse, Paris, 2003.

        
  • La Toccata est une forme musicale brillante et souvent acrobatique et pleine d'inventivité. Son nom vient de l'italien toccare. C'est une pièce destinée donc à être "touchée", pour mettre en valeur la virtuosité de l'exécutant. Dès le 16ème siècle, on dispose des premiers spécimens de toccatas, cette forme paraissant plus spécifiquement réservée aux claviers. Les grands compositeurs de toccatas sont Gabrieli, Merulo, FRESCOLBADI (important), Sweelinck. Ces compositions sont souvent des courses rapides sur le ou les claviers, ceci d'un bout à l'autre de leur étendue. Scarlatti est l'auteur de toccatas brillantes. Mais, une fois de plus direz-vous, c'est J.S. Bach qui porte ce genre musical à son sommet. Ce sont chez les lui des pièces très construites qui mettent l'une à côté de l'autre des parties très exubérantes, des traits musicaux de virtuoses, mais aussi des intermèdes poignants lents. Certaines de ses toccatas se terminent dans un "plenum" de l'orgue ou du clavecin parfois douloureux, lent et très émouvant, comme un adieu à la toccata, avant d'attaquer avec rigueur une fugue dont le contraste est saisissant. Bibliographie : Nouveau Dictionnaire de la Musique, R.de Candé, Seuil, 2000.


  • Le Voluntary: en Angleterre c'est une pièce pour orgue solo destinée à être jouée au début, au cours ou à la fin d'un service religieux. Au 18e siècle, le Voluntary se présente en un mouvement, son écriture le rapproche de la fantaisie mais on rencontre aussi des voluntaries en plusieurs mouvements, notamment chez John Stanley, ou associés à une fugue comme chez William Boyce (selon Dictionnaire des Mots de la Musique, par Jacques Siron, éditions Outre Mesure, Paris, 2002). Infos: lire ici. Ecouter ici aussi (un fameux Voluntary de Purcell).


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